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jeudi 23 avril 2009

Monstres d'Acier : la crise de Fachoda

Revenons à l'époque des "Monstres d'acier"et à mon adaptation de BFG.

(Le cuirassé Jauréguiberry de face)

J'ai commencé à réfléchir à un scénario. Et pourquoi pas un scénario hypothétique opposant français et anglais, nos meilleurs ennemis...
La crise de Fachoda, vous connaissez ?

La crise de Fachoda opposa la France au Royaume-Uni en 1898, les deux pays étant alors traversés par de forts courants nationalistes. Elle a eu pour cadre le poste militaire avancé de Fachoda, au sud de l'Égypte, à 650 km au sud de Khartoum. Rien qui ressemble de prêt ou de loin à un combat naval me direz-vous...

Oui, mais c'est là que commence l'histoire...

(Le cuirassé Charles-Martel dans le port de Brest)

En août 1898, après la victoire face aux mahdistes, Kitchener reçoit du premier ministre britannique, l’ordre de repousser toute invasion étrangère dans le Haut-Nil. Alerté de l’implantation française à Fachoda, Kitchener arrive devant Fachoda le 18 septembre. Il exige alors que le détachement français évacue les lieux mais il évite l’affrontement direct.
(cuirassé Jauréguiberry vu de face)

Le ministre des Affaires étrangères Delcassé veut, dans un premier temps, résister, mais l’opinion britannique est déchaînée - « la population britannique, toutes classes confondues, accepte l’idée d’une guerre » et il doit céder face aux injonctions de Salisbury, le ministre britannique. Celui-ci pense qu’il « ne peut y avoir de possibilité de négociation ni de compromis tant que le drapeau français flotte sur Fachoda ». A la question de Delcassé : « Vous ne feriez pas de Fachoda une cause de rupture entre nous ? », l’ambassadeur britannique répond par l’affirmative. De fait, pendant ce temps, la Royal Navy effectue des démonstrations devant Brest et Bizerte.
L’Allemagne, cherchant à tout prix à diviser les deux puissances coloniales, se réjouit déjà. « La situation va devenir intéressante » lance Guillaume II en constatant les dispositions de la marine britannique.


Le ministre Delcassé fini par céder le 1er novembre : « Ils ont des soldats. Nous n'avons que des arguments ». Le 3, la nouvelle est officiellement confirmée au gouvernement de Salisbury. Le 11 décembre, Marchand quitte Fachoda. Pour justifier cette soudaine retraite au peuple français, le gouvernement prétend un mauvais état sanitaire de la troupe de Marchand, évitant dès lors l'humiliation nationale.




(Le cuirassé Bouvet)


Maintenant, imaginons...

Imaginons. Nous sommes le 4 novembre 1898. Comme l’opinion britannique, les média et la population française se déchainent. Le gouvernement est renversé, et remplacé par une coalition de droite. Face à cette situation politique instable, le Royaume-Uni maintient la Channel fleet devant Brest et la Mediterranean fleet devant Bizerte. La situation s’envenime rapidement. Le 18 novembre 1898, c’est la guerre.

Le blocus de Brest est réalisé par la Channel fleet composé de trois escadrons de cuirassés : les Majestic, Magnificent, Prince George, Jupiter, Mars et Hannibal de la classe Majestic et les cuirassés Repulse et Resolution.
Le blocus de Bizerte est réalisé par l’escadron de cuirassiers de la Mediterranean fleet : les Victorious, Caesar et Illustrious de la classe Majestic et les cuirassés Royal Sovereign, Empress of India, Ramillies et Royal Oak.

Un cuirassé britannique, le HMS Majestic, classe dominante à cette époque (9 cuirassés). De facture beaucoup plus classique que les cuirassés français, non ?



La flotte française est divisée en trois escadres :
l’escadre du nord comprenant 1 cuirassé d’escadre, le Marceau, et 4 cuirassés garde-côtes (Bouvines, Jemmapes, Valmy, Amiral Théhouart),
l’escadre de la Méditerranée occidentale et du levant qui comprend 6 cuirassés de 1ère classe,
l’escadre de réserve de la méditerranée qui comprend 2 cuirassés d’escadre (Magenta et Neptune) et 2 cuirassés garde-côtes.
Depuis la mi-septembre 1898, l’escadre de Méditerranée ne comprend plus que 2 divisions de 3 cuirassés, la 3ème division ayant été supprimée :
1ère division : Brennus (Amiral Humann, commandant en chef), Bouvet et Masséna.
2nd division : Charles-Martel (Amiral Roustan), Carnot et Jauréguiberry.

Le 20 novembre, ordre est donné au 1ère et 2nd divisions de cuirassés stationnées à Toulon de faire lever le blocus de Bizerte. Pendant ce temps, les deux escadrons britanniques croisent entre Bizerte et Toulon, après avoir laissé un des leurs, le Empress of India, devant Bizerte.
Les deux escadres, formées chacune de deux divisions de 3 navires, croisent à toutes vapeurs l’une vers l’autre.

On ne tient pas un bon scénario là ?

dimanche 1 février 2009

Raid au Coeur de l'Afrique : épisode 2

Reprenons l'épisode là où nous l'avons laissé.
C'est le 4eme tour.
Côté africain, une unité de Ruga-Ruga se présente en renfort, les Massaï continuent leur belle démonstration tactique, les archers tentent un enveloppement. Le village est occupé.
Côté "britannique" : une unité Ascari se positionne à un jet de pierre des bagages avec deux unités en soutien, dont les Sikh.
Les tirs font peu de dégâts mais entraînent quelques jet de moral (en général à 3+ c'est à dire faire plus de 2 avec 1D6).



Les 5eme et 6eme tours s'avère décisif :

Les coloniaux ont pris 2 bagages et repartent avec. Les Ruga-ruga en renfort tentent de leur coller le train.
Les archers qui ont pratiquement achevé le contournement de l'aile droite britannique vont tenter de leur couper la retraite...






Au centre, les Ruga-ruga qui avaient pris le village, sortent des maisons et chargent l'unité d'ascaris imprudemment aventurée à portée.

Sur l'aile droite africaine (gauche britannique), les chasseurs qui avaient tenté de traverser un bois arrivent à la lisière (au rythme d'1 inch par tour !).
Et les guerriers Massaï continuent leur belle évolution... au rythme de touristes visitant la région... Et 2 unités supplémentairent entrent en renfort : des archers qui entrent sur l'aile gauche en soutien de la première unité d'archers et 1 unité de Ruga-ruga au centre.
La "danse" des Massaï

Les tirs donnent peu de résultats, quelques pertes tout de même côté africain. Notamment Bart qui continue ses cartons à distance (portée de 75 cm tout de même et il tire deux fois par tour !).
Par contre, au corps à corps, les Ascaris essuient des pertes mais réussissent leur jet de moral.



Les Ascaris prennent la fuite avec leur butin, 2 unités de Ruga- Ruga aux trousses.

C'est à ce moment là que Bart Cowel, docte britannique, se plonge dans un ouvrage de référence et tenta de convertir les africains en leur enjoignant, efficacité des fusils en témoignant (mais aussi efficacité du Dieu blanc avec quelques beaux 6 réalisé) de rejoindre les rangs coloniaux.
Ne parvenant pas à ses fins, il déclara, l'ouvrage sous ses yeux :
"L'attaquant a gagné à partir du moment où il a pris 2 bagages, nous avons donc gagné !".
Désarroi dans l'assistance ! Le moral des africains chancelle.


"Mais, mais... on ne le savait pas ! on ne se serait pas déployé comme ça si on l'avait su !!!"

Les coloniaux n'étant au nombre que de 2 (joueurs) et les africains au nombre de 4 joueurs (plus une assistance résolument anti-colonialiste), il est décidé à la majorité d'ignorer ses paroles provenant d'un homme blanc qui avait manifestement reçu un coup de soleil sur la tête (ou trop bu). Et le sourire réapparu dans le camp africain.
Oui, imaginez : 7 unités sur la table avec seulement une unité ayant subi des pertes. 3 unités sur la table pour le colonial dont une bien amochée (plus super-Bart).


Les derniers tours : l'hahalli.... vue du champ de bataille (prise de l'aile gauche africaine).
Au premier plan, les ascaris poursuivis par une unité de Ruga-Ruga, au centre, le combat entre Ascaris et Ruga-ruga alors que les Sikhs s'apprêtent à se jeter en renfort dans ce corps à corps. Tout au fond, chasseurs tapis dans les bois puis Massaï (rappelez vous, la troupe de choc sans laquelle aucune bataille ne peut être gagnée, la cavalerie de réserve, que dis-je la XIIIeme légion du camp africain !).



Enfin, la dernière unité en renfort entre en jeu (des Ruga-Rugas). mais elle ne peut ni bouger ni combattre ce tour-ci.
Sur l'aile gauche africaine, les archers coupent la retraite des Ascaris qui s'enfuient avec le butin. Stéphane passe quelques minutes à râler sur la portée misérable et l'inefficacité probable de l'unité qui lui a été confiée. Il doit en effet réalisé des 6 sur presque tous les dés sauf 1, ou il doit réaliser 5 ou 6 (un des archers est à "courte portée).
Il prend néanmoins une dizaine de dés (1 par archer) les jette dans sa "tour à dé" (que lui a construite son sorcier)... 5 "6" et un "5" sur celui qui devait réaliser 5+... 6 pertes !

Le Dieu africain s'est réveillé !

Ci-dessus : avant...


Ci-contre à gauche : après le jet de dé de notre sorcier ! (oui, il n'y a plus d'Ascari...)

Bon, il est trop tôt pour sortir les bouteilles, revenons à l'aile droite africaine.






Au centre, les Ruga-ruga ont réussi leur charge et ont ventilé les Ascaris aux 4 coins de la jungle façon puzzle.
Mais les Sikhs, qui ne sont pas des joyeux lurons au corps à corps, entrent dans la danse. Ils chargent les Ruga-Ruga rescapés.
A la droite africaine, les chasseurs ont réussi à s'extirper de leur bois et ont chargé Bart (au milieu en bleu) suivis par les Massaï qui arrivent en file indienne (comment ça "intelligent comme manoeuvre" ? si le guerrier Massaï veut se faire aligner en détail, à la queue leu-leu c'est à dire un par un... respect !). Les Massaï tentent donc (tout de même) de se regrouper avant de charger.



Un chasseur avait déjà atteint l'homme blanc au tour précédent... mais le chasseur n'est pas vaillant au combat... il s'est fait tué de suite par le brave homme blanc. Ce tour-ci, c'est différent. Quelques chasseurs ont chargé les Sikh pour soutenir les Ruga . les 6 autres se jettent sur l'homme blanc. 2 seulement pourront combattre mais l'homme blanc a droit à un tir défensif. cela permettra donc aux chasseurs de subir 2 pertes tout en gardant 2 guerriers au combat... et l'homme blanc succombera à cette charge. Au revoir Bart !

Au centre, le combat ne se passera pas bien pour les Sikhs : ils subissent quelques pertes et ne parviennent pas à éliminer leur adversaire ce tour là...
C'est la fin.
Le valeureux guerrier Massaï aura révélé ses immenses capacités manoeuvrièrent. Mais le combat aura eu lieu sans lui. 3 unités africaines n'auront pas eu le temps d'atteindre la zone des combats.
Et pourtant, il ne reste rien de l'adversaire britannique. Paix pour leur âme.


Ce qu'il reste de l'ennemi à la fin de la partie... 2 soldats Sikhs !

samedi 31 janvier 2009

Raid au Coeur de l'Afrique



Bat Cowel, explorateur britannique bien connu se remet peu à peu de son combat, livré il y a un mois contre une bande de mercenaires Ruga-ruga et Massaï. Mais aujourd'hui l'expédition, qui compte toujours une escouade de Sikhs et des Askaris, est à court de vivre. Bat organise donc sur un village repéré à quelques lieues de là... Mal lui en prend... Miramango, ses Ruga-ruga (jeunes détribalisés par les conflits qui devenaient, à leur tour, bandits ou mercenaires à la solde de seigneurs de guerre), ses massaï et ses guerriers lui tendent une embuscade.



Cette partie s'est jouée au club de Rabastens. Nous étions 6 joueurs, 4 contre 2. Le scénario Raid tiré sur un jet de dé précise que l'attaquant (l'anglais) ne joue qu'avec 75% de ses points, (ce qui ne lui fait que 3 unités en plus de Bat qui a, heureusement, quelques "vies") soit 450, contre 600 pour Miramango. Mais Miramango ne commencera qu'avec 4 unités sur la table, le reste de ses unités (4 de plus) ne rentrant sur un jet de dé qu'à partir du 4eme tour.


Comme la dernière fois, la règle jouée est In the Heart of Africa, de Chris Peers. Le système est très simple et intuitif, avec mouvements alternés (chaque joueur joue tour à tour une de ses unités) puis tirs simultanés et combats simultanés. Encore une fois, on s'est tous régalés !

Bat, homme blanc, a une portée de 75cm, +2 de bonus au tir, n'a pas besoin de recharger (donc tire à tous les tours) et se bat au corps à corps à +3. Il a un moral de 3+.
Il faut faire 5+ pour toucher une figurine au tir et la tuer (pas de jet pour blesser, touché = mouru !). En plus de son +2, Bat aura des modificateurs en fonction de la portée, du couvert, des mouvements, de la formation ennemie.
Le combat est tout aussi simple : chaque combattant lance un D6, ajoute son bonus au corps à corps. Si il fait plis que son adversaire avec au moins de d'écart, celui-ci est mort.
Simple, rapide, intuitif. Le moteur de jeu en tant que tel fait moins de 10 pages.

Quelques éléments de comparaison :
Soldat Sikh : portée 60 cm, +2 au tir, pas de rechargement, +3 au corps à corps et 3+ au moral. Des gros costauds.
Ascari entraîné : portée 40 cm, +1 au tir, pas de rechargement, -1 au corps à corps, 4+ au moral.
Ruga-Ruga : portée 25 cm, +1 au tir, doit rester un tour sans rien faire pour recharger, +2 au corps à corps et 3+ au moral.
Guerrier Massaï : pas de tir, +3 au corps à corps et 3+ au moral.
Voilà, vous avez quelques données en main.



Les unités sont de 2-6 soldats pour les réguliers tels que les Sikhs, 3-12 figurines pour des Ascaris, 4-20 figurines pour des Ruga-Ruga ou guerriers. Dans les faits, bat aura de petites unités d'à peine 6 figurines, alors que les unités de Miramongo auront toutes plus de 10 hommes...


Premier tour de jeu : alternativement, chaque joueur déplace une de ses unités; bat regroupe ses Ascaris et ses Sikhs au centre pour foncer droit vers l'objectif : les bagages.

Miramongo déploie une unité de Ruga-Ruga au centre, des archers à gauche, et à droite des guerriers (aux caractéristiques faibles) qui devront progresser devant les Massaï (pour les protéger des tirs !). Les Massaï engagent à l'extrême droite une manoeuvre tournante pour éviter obstacles et tirs ennemis... en file indienne !


point de règle : les mouvements. Les "anglais" se déplacent à 1D6 +2 (ou +3) inches par tour, et 1D6 -1 (ou -2) en terrain accidenté. les africains se déplacent à 2D6 par tour mais 1D6 inches en terrain accidenté...

Pas de tir au premier et second tour, les adversaires étant trop éloignés (ou masqués).





Au 2nd et 3eme tours, Sikhs et Ascaris se campent au milieu devant le village.
Les Ruga-Ruga occupent, tour après tour les maisons du centre. A gauche, les archers contournent les coloniaux pour les encercler. A droite, guerriers et Massaï se trainent... l'encerclement est mal parti !

Les tirs ne donnent rien, les Ruga-Rugas dans le bâtiment sont peu à pouvoir tirer (pas assez d'ouvertures) et infligent un malus aux tirs ennemis...


La situation vu du camp colonial, photo prise de son aile droite.
Les bagages, objectif du scénario, sont au centre du village.











La situation vu de l'aile droite africaine.













Au 4eme tour, le jet de dé donne une arrivée de renfort : une unité de Ruga-Rugas qui se place sur le bord de table africain : elle ne pourra bouger qu'au tour suivant....



Suite au prochain épisode, si vous en redemandez !

vendredi 30 janvier 2009

Au coeur de l'Afrique (et géographie)





Bientôt, la revanche ! Pour mémoire, voici une scène inoubliable de l'épisode 1 de notre série "Au coeur de l'Afrique"... mes guerriers Massaï s'apprétant à volatiliser une escouade de Sikhs (et le Sikh de base, c'est pas un marrant !)


Ce soir, vaste partie à 4 de "In the Heart of Africa" à Rabastens. Au programme, Anglais contre Africains (Ruga-Ruga avec Massaï vraisemblablement). Il faut qu'on n'oublie pas (moi et/ou Seb d'amener) nos appareils photos.





Toujours pour mémoire, une autre scène de l'épisode 1 : mes Ruga-Rugas s'apprétant à volatiliser (façon puzzle) une escouade d'Askaris anglais. C'est bête, j'ai perdu toutes les photos des exploits des anglais ! Mais vous trouverez le compte rendu complet sur le blog de Siaba, Empire en Flammes...


Rabastens ??? Bon pour nos lecteurs parisiens, Rabastens est un haut lieu du jeu situé à mi-chemin entre Toulouse et Albi. Bon, Albi, tout le monde connais (la croisade des Albigeois) mais Toulouse ? Pour les weblecteurs qui ne jouent pas au Rugby, Toulouse se trouve à un peu plus de mi-chemin entre Paris et Madrid. Pour ceux qui regardent le Rugby, Toulouse est un haut lieu de la confection de tôles (bref, là où le Stade Français se prend régulièrement des tôles).
Pour notre prochain cour de Géographie, nous irons faire un petit tour du côté de Carmaux... patrie de notre ami Siaba...










Rabastens, son église du XIVeme...










Rabastens, les 5 et 6 octobre 1572. Suites de la Saint-Barthélémy, les protestants rabastinois acceptent gentiment de se faire massacrer par les catholiques...