Affichage des articles dont le libellé est WW II. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est WW II. Afficher tous les articles

samedi 1 juillet 2017

Encore un coup de coeur ! 1-48 Tactic


Toujours aussi intéressé par les jeux au niveau de la section ou du groupe de combat, potentiellement capables de simuler les combats à ce niveau là et les interactions au niveau du groupe, je suis tombé sur le kickstarter 1-48 Tactic.
1-48 Tactic n'a rien de nouveau, le jeu existe au moins depuis 2011, mais la politique commerciale (ou les compétences commerciales) de ses deux auteurs italiens n'ayant pas été concluante, il reste peu connu et mal distribué. Pourtant, en lisant la douzaine de pages de règles, téléchargeable ici, cette règle à l'air réellement passionnante : 4 figurines par camp suffisent, 5 à 6 sont parfaites pour simuler un groupe de combat, et une table de 60x60, quoique du 90x90 serait mieux, suffit.
La règle gère bien les interactions : tir de suppression pour couvrir la progression de soldats amis, mise à couvert, tir d'opportunité, lancers de grenade (...) tout en restant simple. Une heure devrait suffire pour une partie.
Le jeu est prévu pour jouer à l'échelle 1/48 (soit du 36mm) par son concepteur. Mais rien n'empêche, bien sûr, d'utiliser notre stock de figurines Bolt Action 28mm pour y jouer ! Du coup, investissement nul pour se lancer.
Mais je reste un compulsif, et les figurines sont superbes. La gamme originale ne comprenait que deux partis : Allemands et Russes. On peut encore trouver un stock de cette gamme chez Magister Militum, et j'ai donc craqué (au cas où le stock disparaitrait !) pour les deux boites (Allemands et Russes), comprenant chacune 4 figurines en plomb avec socles 25mm, 2 éléments de décors en résine, les règles et tous les marqueurs nécessaires (29,50£ la boite).





Les deux créateurs italiens s'étant à priori disputés, le second a lancé sa propre gamme comprenant 4 factions : allemands, américains, russes et italiens. Cet éditeur s'appelle 48 storm. Il commercialise des boites prêt à jouer, moins couteuses (22€), mais avec seulement trois figurines paraissant moins bien gravées et des décors en cartons). Néanmoins, cette gamme permettra d'amener de la diversité !
Enfin, Baueda, qui a repris le jeu originale mais pas le stock, vient de lancer son kickstarter dans lequel elle propose 2 factions : paras américains et volksgrenadiers allemands. Dans ce kickstarter, les boites de départ sont un peu plus intéressantes que les anciennes puisque, en plus des 4 figurines, elle comprennent 4 décors en résine ! Et le tout pour 29,50€ (au lieu de 29,50£), mais ce prix correspond à une remise de 20% sur le prix planifié. Bref, je craquerais probablement aussi pour cette offre mais plus tard (le KS se termine le 18 août) !


Je sais, je suis faible...
Canis, sans t'embarquer là-dedans : ) (quoi que...), un petit test en 28mm, ca te dit ?



mardi 8 novembre 2016

2e Peloton 2e Escadron du 12e Régiment de Cuirassiers, 1944


Et voici une partie du 2e peloton du 2escadron du 12e Cuirassiers, soutenu par un M4 à canon de 105 du peloton de 105mm, plus quelques Half-tracks du premier bataillon du Régiment de Marche du Tchad, le tout faisant partie du GTD (Groupement Tactique Dio) de la 2eDB.
Plusieurs essais pour les marquages mais aucun n'est concluant : au fond, les marquages du "FYE" ont été réalisés à la main. Au second plan, les marquages du "Dijon" sont des décalcomanies faits maison repeints à la main (les marques de couleur claires ne se détachant pas sur fond sombre). Enfin, au premier plan, il s'agit tout simplement de marquages imprimés sur du papier puis collés sur le char.
Bref, aucune solution satisfaisante pour l'instant...


Le char Fye est un Rubicon (plastique), le char Dijon est un Warlord Games (plastique), le char Reims est un Blitzkrieg (résine).


Le char à canon de 105 Sarreguemines, au fond, est un Blitzkrieg (résine) avec tourelle Rubicon (plastique bricolée).
Le premier Half-track est un Warlord Games (plastique) et le second un Blitzkrieg (résine).



Les couvertures et chenilles sont soit des "stowages" de chez Warlord Games soit des couvertures bricolées à la main. Le barda (sacs et casques) est issu des grappes plastiques warlord (infanterie US).

mardi 18 octobre 2016

12e RCA, 2eDB, Vosges 1944



Voilà un petit montage...


... inspiré de cette photo :




dimanche 16 octobre 2016

Galfingue, 25 novembre 1944 (suite)


25 novembre 1944. La prise de Galfingue n'a posé aucun problème. Mais la nuit tombe et une contre-attaque allemande se dessine.
Voici comment le JMO du 2eRCA résume l'attaque française du 25 novembre  au soir et la contre-attaque allemande nocturne sur Galfingue :

"Le 25 novembre, le Combat Command reçoit la mission de se porter sur le PONT D'ASPACH (17 km. ouest de MULHOUSE) afin de couper la retraite aux troupes allemandes refluant vers le nord.
Les escadrons de NAUROIS et VIE entrent dans la composition d'un groupement aux ordres du colonel de LEPINAY. DIDENHEIM, HOCHSTATT sont enlevés à l'ennemi après de durs combats. A DIDENHEIM l'ennemi laisse quarante cadavres sur le terrain et trente prisonniers tombent entre nos mains. A la tombée de la nuit, les éléments de tête, escadron VIE, et compagnie FAUGERE du 2e Zouaves, atteignent les lisières est de GALFINGUE fortement tenues par l'ennemi. Il est décidé, de passer immédiatement à l'attaque. Au clair de lune, les chars de l'escadron VIE pénètrent dans les étroites rues du village, propices aux embuscades. Plusieurs maisons brûlent, des chars sont atteints par des panzerfaust mais ne subissent pas de grosses avaries. Une vingtaine de S.S. sont retranchés dans une maison et refusent de se rendre. L'immeuble devra être détruit au canon. Après deux heures de lutte, les allemands contre-attaquent le village de tous côtés, appuyés par des Jagpanthers. Un déluge d'obus explosifs, faustpatronen et de balles traceuses s'abat sur la localité. Le lieutenant de SAINT TRIVIER est tué près de son char, le sous-lieutenant EYRIN et le maréchal des logis chef COLONNA d'ISTRlA, du peloton de mortiers sont grièvement blessés. Plusieurs chars sont atteints par la grêle de projectiles. Le char du sous-lieutenant BERNARD réussit à atteindre un Jagdpanther qui flambe immédiatement. Après quarante minutes d'un combat extrêmement violent, l'ennemi se replie en désordre.
Cette nuit de GALFINGUE ne sera pas oubliée de longtemps pour ceux qui la vécurent."
Les éléments 338 VGD sont donc maintenant soutenus par des Jagpanthers du 654e bataillon de chasseurs de chars.
Racontée par le capitaine de l'escadron, voici ce que donne cette affaire :

"Le Colonel arrive sur les lieux, suivi de son immense colonne qui embouteille complètement la partie centrale du village. Les ordres sont aussitôt distribués et le dispositif de nuit, pris. Les issues seront gardées par les chars vers HEIMSBRUNN, par l'ALSACE, le TOURAINE, le MOSELLE et le MORBIHAN vers BERNWILLER, par l'ILE-DE-FRANCE, le MAROC. L'ANJOU et le BÉARN (on y adjoindra deux 57), vers SPECHBACH, par une charrette placée en travers et les chars de volant ; le centre recevra le PC. du Colonel ; l'infirmerie, etc… Tout le monde s'organise, se restaure, et prend ses dispositions pour passer la meilleure nuit possible dans les chars, car, si la fatigue se fait sentir, on a malgré tout, l'impression d'être un peu en l'air dans ce petit village à peine conquis.
Vers une heure du matin, un ronronnement continu tire l'oreille d'une sentinelle du troisième peloton. Lointain, mais pas comme les autres et bientôt accompagné d'un et de deux et de plusieurs. Le silence total de la nuit nous permet de bien écouter, Il n'y a pas de doute ce ne sont pas des moteurs de chez nous,.. Mais le bruit paraît prendre une direction autre que la nôtre, et bientôt s'efface et disparaît peu à peu. Bah.., on verra bien demain, et tout le monde, sauf un homme de garde par char, de se replonger dans un sommeil réparateur.
Les chars du 3e peloton sont en quinconce dans la rue. Devant eux, un 57, à droite, près du transformateur, un autre à gauche, une section de zouaves occupe les lisières de cette partie du village.
Une première fusillade surgit dans la nuit tout d'un coup, vers 1h50... assez soutenue, nourrie. Puis, subitement, l'orage éclate, tonitruant et fantastique de tous les côtés, les obus arrivent en trombe, déchirant l'air à une vitesse impressionnante. Au-dessus de nous, les mitrailleuses de 20, emmêlent rageusement leurs traînées de feu, rasent les toits et leurs éclatements secs sont bientôt renforcés des magnifiques et flamboyantes explosions des panzerfausts qui tombent un peu partout, tirés d'on ne sait d'où... Deux secondes pour que tout le monde soit à son poste, mais, qu'y comprendre dans tout ce tintamarre ? On n'y voit rien, et d'où cela vient-il ?
Soudain, une forme imprécise, mais, impressionnante surgit droit devant nous, tout près. Avant de se rendre compte de quoi que ce soit, cette ombre crache une flamme gigantesque... Le 57 du transformateur reçoit de plein fouet un obus qui le met en morceaux. Pauvres servants ; qu'êtes-vous devenus ? La pièce à gauche tire à bout portant, mais son intervention attire une réplique brutale qui la met hors de combat. Un, deux, trois coups partent rapides, la maison de droite est en feu et dégage une fumée âcre et épaisse du même coup, l'half-track qui est juste au pied du mur est elle-même touchée en plein.., elle vomit immédiatement une lourde fumée noire qui prend des aspects terrifiants sous les lueurs de l'incendie... Une forme, probablement le conducteur, en jaillit en torche, et, frénétiquement, se roule à terre dans d'horribles souffrances.
L'half-track de gauche subit le même sort. Et bientôt, la nuit devient dantesque. La fumée nous gêne terriblement un écran opaque s'est formé devait nous. De grosses volutes lourdes et denses passent lentement et nous empêchent de distinguer quoi que ce soit. Tout le monde tire au jugé il faut se garder de tous côtés car les fantassins boches se sont infiltrés et nous prodiguent les bazookas et les rafales d'armes automatiques. Des deux côtés, une gigantesque sarabande de mitraille et d'obus se déchaîne et le duel devient sauvage. La rue où nous sommes est maintenant prise d'enfilade. L'ANJOU évite de justesse un boulet qui fracasse le mur contre lequel il se trouve. Le MAROC et l'ILE-DE-FRANCE tirent tant qu'ils peuvent, le BÉARN est touché de plein fouet heureusement pour lui ce n'est qu'un explosif. Soudain, l'écran de fumée se déchire.
Un "frein de bouche" apparaît alors à 40 mètres, crachant fumant, sûr de lui. Puis soudain plus rien, une fumée noire et rouge l'entoure et le happe au même moment, le lieutenant de SAINT-TRIVIER qui, descendu de son char, est venu en personne se rendre compte de la situation, tombe au milieu de la rue, mortellement atteint.
L'ILE-DE-FRANCE se déplace alors et, prenant la rue d'enfilade, lâche droit devant lui, au ras du sol, deux perforants coup sur coup ; une immense flamme jaillît là-bas. Touché, victoire ! !
Ah, comme il flambe bien… Une avalanche d'obus et de balles déferle sur cette carcasse qui commence à exploser et soudain la fusée verte (signe du repli chez les boches), monte et illumine le sol. Nos zouaves se précipitent dans un magnifique élan, embrochent quelques fuyards, mais le gros s'est déjà sauvé. Un calme impressionnant succède à l'infernal tapage de tout à l'heure rien, on n'entend rien, si ce n'est les craquements des maisons qui brûlent et s'effondrent et la chanson des étincelles qui s'envolent. Les minutes passent… toujours rien. Et nous attendrons ainsi jusqu'au lever du jour, les yeux brûlés de sommeil et les nerfs en pelote.
C'est alors seulement que nous réaliserons… devant le triste spectacle, éclairé d'un jour sale et grisâtre de ces cadavres, de ces carcasses tordues par le feu, de ces deux canons détruits, écrasés par le gros fantôme qui est là (ie : un jagpanther), lui-même, encore fumant et lamentable.
Nous pouvons alors nous rendre compte qu'après avoir fait ses premiers dégâts, il s'est aventuré confiant ; et qu'un obus, probablement tiré par le MAROC lui a coupé une chenille c'est alors qu'il a voulu reculer et que, ce faisant, il a fort agréablement présenté le flanc aux perforants de l'ILE-DE­FRANCE.
Nous apprenons également que 77 blessés sont passés au poste de secours durant cette nuit où le médecin auxiliaire TEBOUL a été grièvement blessé. (aspirant LAVIGNE, BARTEL, FIEUJAN qui mourra quelques jours plus tard et combien d'autres). Les renseignements nous arrivent et nous apprenons avec un certain froid dans le dos que 10 de ces automoteurs avaient encerclé le village, et que profitant de leur soutien massif, l'un d'eux avait tenté de forcer le passage escorté d'une compagnie de fantassins abondamment dotés de panzerfaust et d'armes automatiques.
Mais l'ennemi a fui. Le village a souffert mais il nous est resté. Et leurs monstres n'ont pas fait peur à nos braves petits gars. Et c'est avec une juste fierté qu'ils se souviennent de cette nuit de cauchemar, de cette nuit de victoire."

(Photo ECPAD)

1er et 2eme peloton du 3 escadron (capitaine Vie), présents à Galfingue.
Shermans M4A4 à canon de 75mm :



mercredi 12 octobre 2016

Le 3e escadron du 2e RCA à Galfingue, 25 novembre 1944


Il existe de ces récits qui front frémir. Ecrits dans le plus pur style du début du XXe siècle, et rappelant les maitres de l'épopée tel Marcel Dupont évoquant les cavaliers de Napoléon.
A l'origine, les JMO (Journaux de marche des opérations) racontent une toute autre histoire : les durs combats racontés par ceux qui l'ont vécu en 40 ou 44-45, au jour le jour, dans uns style des plus neutres. Mais parfois, en les feuilletant, on peut tomber sur des petits bijoux, écrits dans le style de ces grands maîtres. Tel est le cas du JMO du 2e régiment de chasseurs d'Afrique, régiment de chars faisant partie de la 1ere DB (intégré à la 1ère armée de De Lattre de Tassigny) en 1944 et 1945. Ou plutôt, tel est le cas des annexes qui s'arrêtent sur quelques opérations particulières.
Je ne sais pas qui a écrit le texte qui suit. Peut-être le capitaine Vie qui commande le 3eme escadron du 2e RCA à partir de novembre 1944. Mais ce rapport fait honneur à sa mémoire. Le texte est long, et il me faudra peut-être le couper en deux.

Le contexte : le novembre 1944, le corps du général Béthouart, dont fait partie la 1ère DB lance son attaque vers Belfort.  Les régiments Allemands de la 338 VGD résistent tant bien que mal. Alors que Belfort est investie dans la nuit du 19 au 20 novembre ordre est donné à la 1ère DB de foncer vers le Rhin. Mais le 19, alors que le CC2 (Combat command 2) de la division est stoppé (11 Sherman détruits), les éléments de tête du CC3 (dont fait partie le 2e RCA et le 2e bataillon de Zouaves) parvient à atteindre Mulhouse. Face à cette menace venant du sud, les Allemands s'accrochent au terrain entre Bunhaupt et Mulhouse. Ils lancent même plusieurs contre-attaques, soutenus par quelques sections provenant de la 106e Panzer-Brigade (une cinquantaine de Panthers et une trentaine de Panzer IV), du Panzerjäger-Abteilung 654 (une vingtaine de Jagpanthers) et de la Sturmeschützbrigade (une quinzaine de StuG IIIG).
Il est maintenant temps de laisser la parole au capitaine du 3e escadron du 2eRCA...



LA JOURNEE DU 25 NOVEMBRE ET "LA NUIT DE GALFINGUE"
Le 25 novembre, le 3e escadron est rattaché au groupement du colonel de LEPINAY, qui, par une action vers le S.O. de MULHOUSE va s'intégrer à la vaste manœuvre conçue par le général de LATTRE pour détruire et refouler les Allemands qui nous gênent encore beaucoup dans le SUNDGAU et le long des VOSGES. Cette manœuvre aura son plein épanouissement quelques jours plus tard, et obtiendra un entier succès. L'escadron y paiera cher sa contribution... Il y vivra des heures émouvantes, angoissantes... Mais il y trouvera surtout, et encore, urne occasion de se grandir et d'être fier.
Le matin est clair et le soleil se fait précéder de quelques effets de nuages de fort bon aloi... Tant mieux... car, quoi de plus agaçant et de plus imprécis qu'un périscope envahi de gouttelettes tenaces devant un horizon bouché ?
L'escadron est précédé du peloton de chars légers du lieutenant de SAINT-TRIVIER. Nous avons le concours de la compagnie du capitaine FAUGERE d'une excellente section du génie... Et, nous voilà, démarrant lentement vers DIDENHEIM, premier objectif, où l'on sait trouver une centaine de Boches décidés. La première crête franchie ne révèle aucune arme anti-char... On va donc pouvoir, en toute liberté user de notre brutalité, et à coups de masse assénés à bout portant, sans trop savante stratégie, écœurer les plus coriaces et ramollir les plus durs de ces « Messieurs » .. Nous débouchons sur le village, légèrement en contrebas, entouré d'une petite chapelle, d'un cimetière, d'un haricot vaguement poilu et coiffé d'une maison rouge. et, dépassant juste, à droite, quelques maisons et vergers, tous objectifs suspects, qui « vont comprendre leur cas » comme dit l'autre. Un bref ordre, à la radio fixe à chacun sa zone de destruction et voilà les TONKIN, MAROC, ILE-DE-FRANCE, ANJOU et BEARN qui s'en donnent à cœur joie... Bravo, CHEVALIER.
Celui-ci se spécialise dans les tirs d'embrasure, et, pour être plus sûr du résultat, tire à un maximum de 15 mètres.
Pan, dans la Chapelle... Bien, MORIN... C'est dommage, elle est jolie et agréable, mais on vient d'y apercevoir quelques habits verts qui tentent de s'y réfugier. Ah, un malheureux Bazooka, mal ajusté vient d'éclater à 20 mètres à gauche... D'où cela vient-il ? Là dans le buisson. Bing.., ça suffit...
Les mitrailleuses, n'en parlons pas… elles en rougissent de plaisir. Pendant ce temps, voilà nos fantassins qui dévalent à droite et à gauche et nettoient les couverts. Joli travail et.., spectaculaire. Les premiers bras levés commencent à apparaître. Ils ont l'air dégoûté et fatigué. Malheureusement notre élan est arrêté, car nous tombons sur les classiques mines qui interdisent l'entrée du village. Allez, le génie, en avant... Et pendant que le tir continue pour les soutenir, voilà nos sapeurs au travail. Un tir ennemi se déclenche ; ce sont des « minen » qui nous encadrent d'ailleurs assez bien il ne tardera pas à s'arrêter car, nous l'avons su plus tard, le peloton GODARD qui nous soutient efficacement sur la gauche, a repéré les délinquants et les met hors de combat par un tir bien ajusté.
Les sapeurs mettent plus de trois heures pour déterrer une cinquantaine de mines anti-chars, plus ou moins piégées et nous livrent ainsi, enfin, l'entrée du village. Tout le monde s'y précipite, les chars en gardant les issues. Le nettoyage est rapide et efficace. MORIN en profite pour ramener quelques prisonniers et un gigantesque bazooka…Brrr…qu'il est vilain ! !
A ce moment, parait le commandant DEWATRE, muni de son porte-carte. Au milieu du bruit des moteurs, ses maxillaires s'agitent rapidement et nous comprenons qu'il faut continuer dare-dare. Quelques minutes d'observation à la crête. RAS. Et nous repartons avec le même dispositif.
HOCHSTATT est atteint sans difficulté et traversé sans coup férir.
On ne sait comment le 3e escadron se trouve dès lors en tête, et le 3e peloton ouvre la marche, juste derrière le lieutenant de SAINT-TRIVIER. Il est 17 heures. Le jour commence à tomber. Tout, peu à peu s'estompe dans un agréable imbroglio, d'ombres et de lumières. La marche continue un peu plus lentement, car nous abordons une forêt à la mine peu engageante, et le souvenir des VOSGES n'est pas si lointain. Tout le monde observe et scrute ardemment les buissons, bas-côtés, arbres, bouts de route.., d'où peut partir à tout moment, le coup fatal. Il est maintenant : 8 heures elle est longue cette forêt. Mais tout se passe bien, et nous voilà enfin, débouchant de la verdure. Il fait presque nuit, et, devant nous, nous distinguons notre dernier objectif le petit village de GALFINGUE à l'aspect calme et endormi. Nous ne nous doutons, certes pas que ce paisible endroit allait, dans quelques heures, après un charmant prélude, être le théâtre d'une étourdissante symphonie, pour « panzerfaust » et « frein de bouche » qui faillit bien tourner en « Marche funèbre ».
Dès les premières maisons, un bazooka immobilise un char léger. Aussitôt, le TONKIN s'avance, au plus près, lâche quelques rafales et un obus de représailles met le feu à une grange. La fumée est gênante, mais les flammes nous apportent une réconfortante clarté, Les fantassins mettent pied à terre et commencent à tirailler on n'y voit pas grand-chose, mais il est jugé préférable de liquider cette affaire tout de suite plutôt que d'attendre le jour. Le TONKIN reprend sa marche, lentement, suivi du peloton ; les mitrailleuses prennent à partie tout ce qui est encoignures et recoins. Le capitaine VIE marche en tête, à pied sa mitraillette sous le bras… Bing... TONKIN est bazooké, mais sans mal. CHEVALIER en descend, l'œil mauvais, suivi de son char, il commence à faire des cartons. Les coups de feu et les rafales se succèdent rapidement, les incendies se propagent et l'atmosphère n'est pas très rassurante. A un moment où le TONKIN passe devant l'Eglise, il reçoit un deuxième panzerfaust en plein dans le réservoir, qui l'immobilise. Il commence à flamber mais heureusement, les extincteurs fonctionnent et l'incendie est vite maîtrisé... FERNANDEZ est tué. L'équipage met pied à terre et interdit l'approche du char. Les zouaves, enfin arrivés à notre hauteur, nettoient rapidement les maisons environnantes.
Les premiers prisonniers arrivent ; ce sont pour la plupart des Russes volontaires encadrés par des S.S. Bientôt, une bonne partie du village est entre nos mains et, à 23 heures nous pouvons considérer que l'affaire est liquidée.
Nous avons environ 80 prisonniers, 2 canons de 77 abandonnés et... une caisse de beurre !

La suite... pour demain !


Ci-dessus : le char "Austerlitz" qui fait partie non pas du 3e mais du 4e escadron du 2eRCA.